Disparition du Dr Françoise DEMOGEOT

mardi 10 décembre 2013

C’est avec une profonde tristesse que nous avons appris
le décès du Dr Françoise DEMOGEOT
survenu à Nancy, jeudi 5 décembre 2013 à l’âge de 73 ans.

Depuis son adhésion au SNPMT d’alors en 1980, le Dr Françoise Demogeot a donné sans compter à notre syndicat de son temps, de son dynamisme, de sa rigueur intellectuelle, de ses idées concernant la défense de la médecine du travail.
Elle a rapidement occupé des postes clés : Secrétaire Générale Adjointe dès 1985 aux côtés de trois Secrétaires Généraux successifs, les Dr Claude Saint Upéry, Dr Jean Paul Duléry et Dr Gilles Arnaud, tout en étant Responsable du Contentieux de 1995 à 1999, Déléguée de la branche Interentreprises, Déléguée de la région Lorraine.
De 1988 à 1997 elle a été la première personne qualifiée en raison de ses compétences en Médecine du Travail à siéger au nom du SNPMT, au Conseil Supérieur de la Prévention des Risques Professionnels au Ministère du travail, aux côtés des cinq grandes centrales syndicales. Sa pugnacité y a défendu les valeurs de notre syndicat national professionnel. Elle y a notamment contesté l’utilisation des tests génétiques à visée sélective dans le monde du travail.
Au-delà de ces responsabilités nationales, le Dr Françoise Demogeot était très impliquée dans son service de médecine du travail de Meurthe et Moselle dans lequel elle était Déléguée Syndicale et membre des instances représentatives du personnel.
Elle a particulièrement œuvré dans le domaine de la psychopathologie du travail. Avec l’association pour la recherche épidémiologique en médecine du travail (APREMET) et le Club Européen de la Santé, elle a contribué à mieux cerner les causes et donc la prévention de la maladie dépressive en milieu de travail et du stress au travail. Elle a su faire profiter ses confrères de sa précieuse expérience en la matière, que ce soit dans le cadre professionnel ou syndical.

Le SNPMT devenu SNPST lui exprime toute sa reconnaissance pour ce long et riche parcours syndical et adresse à son époux, le Dr Claude Demogeot et à sa famille ses sincères condoléances.

- courrier du Dr Claude Saint Upéry :

Salut ,Françoise ,

Je tiens ,tout d’abord , à te dire combien je regrette que mon handicap m’interdise de venir t’exprimer ,de vive voix, mon immense tristesse .

Lorsque je suis arrivé au syndicat, tu étais déjà une ancienne, et au fur et à mesure de ma progression dans notre organisation, j’ai été impressionné par la pertinence et la rigueur intellectuelle de tes interventions .

C’est pourquoi ,dés ma nomination au poste de Secrétaire Général, et alors que tu avais déjà des fonctions importantes (Responsable de branche, responsable de région .) ,j’ai fait appel à toi pour nous représenter au Conseil Supérieur de la Prévention des Risques Professionnels ou nous venions d’obtenir un siège , en Février 1988.C’était « un pied au travers de la porte d’entrée » dans les hautes sphères politico-administratives du gouvernement . Par ton action efficace au sein de cette structure, tu nous a fait connaitre et reconnaître au même titre que les grandes centrales syndicales qui en faisait déjà partie .

Outre tes fonctions au Bureau qui t’avaient amenée à en être de,1994 à 1999 ,la Secrétaire Générale adjointe, tu avais assumé pendant 4 années la lourde responsabilité de notre Contentieux.

Mais ce volet rigoureux , rationnel, de ta personnalité n’était pas le seul . En étroite association avec Claude, tu avais le sens de l’accueil : de votre vieux moulin du Pays Basque, en passant par Laxou, jusqu’à la maison lumineuse d’Ermioni, nous avons été très nombreux à profiter ,maintes fois, de votre hospitalité

Ευχαριστώ,Françoise, pour tout ce que tu nous a si généreusement apporté ( Y compris quelques mots de grec !)

Et Καλό ταξίδι ,Françoise, bon voyage !

Claude Saint Upery.

- courrier du Dr Gilles Arnaud :

Au revoir Françoise,

Lorsque ma candidature au poste de secrétaire général du SNPST a été sollicitée, j’ai été surpris car, et tous le reconnaissaient, Françoise DEMOGEOT avait bien plus de compétences et d’expérience que moi. Françoise a toujours refusé de franchir cet ultime pas. Dommage, elle aurait, en plus de toutes ses compétences, été la première femme secrétaire de notre syndicat, et ça aurait eu de l’allure !
Le travail avec Françoise secrétaire générale adjointe, responsable du contentieux et déléguée de la branche interentreprises fut un régal, non pas par ses conseils dont elle était bien avare à mon goût, mais par la rigueur intellectuelle avec laquelle elle menait ses dossiers et la pugnacité de ses actions. Infatigable combattante en faveur de l’indépendance des professionnels face aux attaques du patronat nous sommes toujours fiers de ses actions qui nous ont montré la voie d’une médecine du travail toute entière au service de la santé au travail des travailleurs. Il faut bien comprendre que ce ne sont pas les employeurs qui ont défendu la médecine du travail comme ils pourraient être tentés de le faire croire, mais bien la résistance inlassable de militants comme Françoise qui les a cantonnés dans un respect d’une réglementation qu’ils n’ont pas pu faire évoluer à leur guise.
Mais bien au-delà de ces aspects, c’est avec émotion que je me rappelle de grands moments vécus en ta compagnie Françoise ; que ce soit lorsque pour la première fois le syndicat a été reçu par le cabinet du premier Ministre à Matignon ou lorsque tu nous as accompagnés sur le chemin de nouvelles pratiques.
C’est dans ton fief d’Ermioni en Grèce que le projet des nouvelles pratiques coopératives en santé travail avec les infirmières a éclos et que le SNPST s’est intéressé aux différents modes d’exercice européens en prévention santé travail.
Ce fut un beau parcours de militante et nous sommes fiers d’avoir été à tes côtés. Nous t’en remercions et sommes attristés par ton départ prématuré.

Gilles ARNAUD
secrétaire du SNPST de 1998 à 2002