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dimanche 14 décembre 2014

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SANTE La loi Macron prévoit notamment de revoir la notion d’inaptitude...

Médecine du travail : Les syndicats sont « atterrés » par les projets du gouvernement

20 Minutes avec AFP

La médecine du travail est en grand danger et avec elle la santé de tous les salariés : c’est en substance le message qu’ont voulu faire passer mercredi cinq syndicats en réaction aux projets de « simplification » du gouvernement via la loi Macron.
Fin octobre, l’exécutif a présenté 50 nouvelles mesures destinées à simplifier l’activité des entreprises face à la lourdeur administrative. L’une d’elle entend revoir la notion d’inaptitude et une autre simplifier les règles sur les visites médicales des salariés au motif que « la visite médicale obligatoire n’est réalisée que dans 15% des cas » du fait notamment d’un manque d’effectifs médicaux.
« Nous sommes inquiets pour la protection des salariés »
Le projet de loi Macron, qui doit être présenté en conseil des ministres le 10 décembre, prévoit d’autoriser le gouvernement à procéder sur ce sujet par ordonnance. Réunis en intersyndicale à la Bourse du Travail mercredi soir, la CFE-CGC, la CFTC, FO, la CGT et le SNPST ont vivement dénoncé ce projet.
« Face à la violence des mesures qui sont annoncées, un certain front syndical s’est constitué », a relevé Bernard Salengro (CFE-CGC). « On va espacer la possibilité pour les médecins de rencontrer les salariés et d’avoir leur vécu », redoute le médecin du travail. « Nous sommes inquiets pour la protection des salariés ».
Martine Keryer, secrétaire nationale du syndicat en charge des conditions de travail a indiqué que les syndicats avaient été « atterrés » en découvrant les intentions du gouvernement. Pour Jean-Michel Sterdyniak (SNPST), ces mesures sont « profondément déstabilisantes » et annoncées « sans concertation alors qu’elles concernent des millions de personnes ».
« Mise en cause à la hussarde du code du travail »
« Elles sont mises sur le même plan que la possibilité de faire des télés sans prise Péritel ou la possibilité de mettre des WC où l’on veut chez soi », s’est-il offusqué, y voyant « une forme de mépris de la santé au travail ». « Ces mesures, si elles étaient mise en oeuvre constitueraient une atteinte aux droits des salariés », a-t-il affirmé, sa collègue de la CGT dénonçant elle aussi des dispositions « totalement ahurissantes qui sont une régression totale ».
« C’est une simplification simpliste », a renchéri Pierre-Yves Montéléon (CFTC), alors que pour Jacques Delon (FO), il s’agit rien de moins que d’une « mise en cause à la hussarde du code du travail ». Les syndicats prévoient de lancer une pétition et espèrent, en alertant l’opinion publique, que « le gouvernement va retenir la plume ou le stylo ».